mercredi 16 décembre 2015

Regarder les filles pleurer

Qu'elles soient Florentines ou d'Argentine
Petites Françaises, bonnes manières
Qu'elles viennent des mers de Chine
Ou du fond des Angleterre
Qu'elles aient les cheveux roux ou la peau noire
Qu'elles soient indiennes ou filles d'un soir
Quand elles ont du Christ à l'âme
Elles sont belles à se pendre
Qu'elles soient riches de l'âme ou pauvres de l'esprit
De bonne famille ou bien des rues
Qu'elles s'appellent Philomène ou Églantine
Qu'elles aient des allures d'ombre de Marilyne
Quand elles sont seules au bar, qu'on dirait des nonnes,
Qui ont perdu leur église, qui ont plus rien que des hommes
Pour espérer rencontrer Dieu
Pour éponger la bruine à leurs yeux

Moi j'aime bien regarder
Regarder les filles pleurer
Ça me rend gai

Qu'elles aient le cerveau de pas grand chose
Qu'elles soient littéraires philosophes à leurs heures
Quand elles prennent leur âge,
Elles me ressemblent un peu
Quand elles sont toute fragiles comme une eau qui dort
Quand elles vendent leur corps pour quelques sous
Quand tu mets la forme qu'elle disent oui à tout
Quand elles croient qu'elles sont libres quand elles se donnent
Dans les bras du malin quand elles s'abandonnent
Qu'elles soient de Byzance ou de Syracuse
De Belgrade qu'elles soient de celles qui ne pleurent plus
Qu'elles trainent au soleil de Moscou
Qu'elles jouent les marquises des nuits
Les filles prêtes à tout
Qu'elles soient paysannes ou filles de ministre
Ouvrières perdues dans la fourmilière
Qu'elles travaillent à l'usine
Qu'elles soient fille de l'art
Qu'elles aient les mêmes allures de pute que leur mère

Moi j'aime bien regarder,
Regarder les filles pleurer
Ça me rend gai

Mais dans les villes, dans les campagnes
Moi je vais comme un assassin en campagne
Et je taille au couteau des sourires sur les joues des princesses

Au fusain
13/12/2015

Moi je suis qu'un pauvre gars
Ils m'appellent l'idiot
Celui qui fait peur aux bêtes
Qui fait mal aux oiseaux
Mais faut pas croire tu sais
Moi j'suis pas méchant
J'ai juste l'air maladroit
Je sais juste pas comment,
Faut leur parler aux filles, faut leur parler aux filles
Moi quand je vois les larmes, leur tomber la joue
Moi quand je vois les larmes leur tomber la joue

Moi j'voudrais leur dire qu'elles sont belles
Puis qu'il faut pas qu'elles pleurent pour un idiot
Puis qu'il faut qu'elles arrêtent d'être connes
Et de tomber toujours amoureuse
De celui qui faut pas et que moi si elles voulaient moi
Moi j'serais toujours gentil avec elles
Mais les filles elles aiment pas qu'on soit gentil, elles aiment pas

Alors, moi, dans les villes dans les campagnes
Moi je vais comme un assassin en campagne
Et je taille au couteau des sourires sur les joues des princesses
Oui dans les villes, dans les campagnes
Moi je vais comme un assassin en campagne
Et je taille au couteau des sourires sur les joues des princesses

Quand elles sont seules au bar, ou sur les trottoirs
Crucifiées par des siècles d'histoire
Quand on regarde un peu plus près
C'est sur qu'on peut se dire
Que c'est elles qui ont porté
Et qui portent la croix du monde
Sur leurs ailes

Saez - Regarder les filles pleurer

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